Le deuil du soleil

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TitreLe deuil du soleil
Type de publicationLivre
Année de publication1998
Auteur·e·sMadeleine Gagnon
Titre de la collectionPoésie
Nombre de pages179
ÉditeurVLB éditeur
VilleMontréal
Résumé

Résumé descriptif:

Le deuil du soleil de Madeleine Gagnon est un livre qui se présente comme une réflexion profonde sur le deuil et l’écriture. Il se divise en deux parties : un récit, «Le deuil du soleil», suivi de deux textes poétiques en prose et de la narration d’un rêve que l’auteure a intitulés «Accompagnements». 
 
Élaboré sur une période de deux ans et demi, au fil des décès qui marquent la vie personnelle de Madeleine Gagnon et en rappellent de plus anciens, le texte s'enracine dans la nécessité de faire silence pour écouter la «bouche invisible muette» (p. 24) de la mort qui dicte ses mots. L’auteure se remémore les circonstances qui ont entouré la perte de proches parents ou d’amis et, partant du processus du deuil, elle développe une réflexion sur celui de l'écriture. Elle les traite comme deux versants d'un rapport transformé au temps : «Soudain, le temps s'arrête, ne bouge plus, étale, le temps intérieur s'impose au temps qui passe, le pulvérise, l'anéantit : la mort s'est installée dans la maison du temps intérieur. [...] J'ai tout arrêté. Je l'écoute et la regarde et dois écrire ce qu'elle me dicte» (p. 11).
 
En effet, le temps linéaire, extérieur, étant altéré, l’écriture et le deuil sont désignés, par Madeleine Gagnon, comme les lieux d'une solitude extrême qui obligent le sujet à appréhender autrement le réel, puis le restituent à un univers transformé. Le deuil est une «autre première naissance» (p. 83), tout comme la fin de l'écriture d'un livre marque «son véritable commencement» (p.135).
 
Résumé interprétatif:
 
Mettant en relation le processus de deuil et celui de l'écriture, Madeleine Gagnon, avec Le deuil du soleil, s’engage sur la voie du dialogisme. Par sa réflexion sur le deuil, elle établit un rapport avec la mémoire des «êtres chers en allés» (p. 151), tandis que par celle sur le processus d'écriture, elle crée un dialogue intérieur avec des écrivains du passé et du présent. Ce sera tour à tour Jean Doubrovsky, Marguerite Duras, Paul Valéry, Stéphane Mallarmé, Charles Baudelaire, Jorgue Semprun, René Char, John Donne, Vladimir Maïakovski, Rina Lasnier ou Jacques Brault.
 
Privé des repères habituels que constituent le temps linéaire et la présence physique des autres, le récit, dans sa structure, se calque sur le travail du deuil. Il trace «un petit chemin» (p. 14) tout en boucles, qui tient à la fois du chant, du poème, du requiem et d'une parole sacrée, mais sans appartenance, parole cherchant à prendre le relais d'un rapport religieux (ici, catholique) à la mort. 
 
Elle découvre ainsi un temps intérieur, qui approche le néant mais ne peut qu'échouer à le traduire (ce à quoi elle consent d'avance), sinon par la parole poétique : «Pour traduire ce temps —et tous ses semblables— je crois bien que seul le poème est adéquat.[...] Traduire ce temps par l'écriture du poème, ajoutant ma voix à celles des poètes amis que j'ai besoin de lire et relire, et qui s'y sont risqués, avec des bonheurs d'intelligence qui font que la “présence de l'absence” du temps, comme l'a si bien chantée Rina Lasnier, devient tangible et lumineuse.» (p. 56)<
 
L'auteure n'écrit pas pour retenir la mort ou le souvenir des êtres perdus ou absents, mais pour transformer ce souvenir et se laisser transformer par lui :
Rêver l'autre peut parfois être le seul chemin qui nous conduit de l'autre à soi. Il s'agit d'un trajet risqué entre l'autre et soi où la mort de l'autre devient le ferment de la rencontre de soi. Cette rêverie comporte un travail : celui du deuil qui ramène autrement au sens pluriel d'une écriture et de sa vérité propre. Ou d'une vie (p. 55).
C’est ainsi que le travail du deuil donne lieu, chez le sujet, à une éthique de la fidélité, qui le restitue à la vie, à lui-même et à l'autre. Entretenant un lien mystérieux avec le deuil, l’écriture laisse d’abord parler les morts pour ensuite les faire renaître par une mémoire créatrice.
 
Au terme du deuil, comme au terme du processus d'écriture, quelque chose est abandonné par le sujet, qui quitte son temps intérieur et revient dans la communauté humaine et le monde. Les «Accompagnements», à la fin du livre, témoignent d’ailleurs de ce travail de la mémoire, d'une transformation de la mort en texte, qui constitue à la fois un aboutissement et un nouveau point de départ.
 

Source : Interligne - UQÀM (http://www.interligne.uqam.ca/pages/liste_biblio.asp)