Le vœu d’écriture. Petites études

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TitreLe vœu d’écriture. Petites études
Type de publicationLivre
Année de publication1998
Auteur·e·sPatrick Drevet
Nombre de pages158
ÉditeurGallimard
VilleParis
Résumé

Résumé descriptif:

Dans Le vœu d’écriture, regroupant sept petites études parues dans différentes revues littéraires et philosophiques entre 1991 et 1997, Patrick Drevet s’attarde principalement —mais de façon parfois lacunaire— à articuler une réflexion sur le désir de dire et d’écrire. 
 
Fasciné avant tout par l’image et le regard, l’écrivain examine sa pratique de l’écriture et de la lecture, de même que les motifs qui l’ont conduit vers ce mode d’expression et de création plutôt que vers d’autres formes d’art, tels le cinéma ou la photographie. Drevet déduit de cette comparaison que l’écriture serait un moyen privilégié et une forme de «médiation» permettant d’avoir accès à l’indicible.
 
Les réflexions proposées par Drevet témoignent par ailleurs de l’influence des courants, des auteurs et des œuvres, qui ont marqué son travail et nourri ses intuitions créatrices. Il reconnaît entre autres une place importante à Julien Gracq, affirmant s’être «nourri des leçons de son art pour forger [ses] outils» (p. 117). C’est particulièrement le cas en ce qui concerne la «description» dont Drevet fait l’essence de sa poétique. 
 
Le vœu d’écriture propose somme toute une conception existentielle de la littérature cherchant à s’inscrire dans le désir d’une vision «qui procure une joie qui ne disparaisse pas, qui ne soit pas tributaire du temps et de la mort» (p. 150).
 
Résumé interprétatif:
 
Patrick Drevet développe, dans Le vœu d’écriture, une réflexion autour du travail de l’écrivain, de sa vocation fondée, selon lui, sur le «désir de dire» l’indicible, de dire «ce qui reste en travers de notre gorge» (p. 14). Le lecteur trouvera dans ces études, qui auraient par moments gagné à être développées davantage, l’expression d’aspirations et d’influences qui ont contribué à l’élaboration de l’œuvre romanesque et essayistique de Patrick Drevet. Œuvre dont le sujet demeure fondamentalement le désir : désir de voir, d’appréhender ou de créer une réalité qui permette, en dernier lieu, la réalisation de ce désir. L’écriture s’inscrit ainsi dans une écoute qui donne le monde à refaire : «La vocation foncière de l’écrivain n’est pas de dire mais d’écouter.» (p. 65) Écouter l’harmonique des mots, le langage, le souffle, l’être qui se déploie dans le texte. 
 
Parmi les sept chapitres qui composent le recueil, retenons plus particulièrement «L’azur du roman» et «Le papillon et la fleur». «L’azur du roman» aborde l’art de la description, proposée ici comme l’essence même de l’écriture de Drevet. Décrire «pour découvrir ce qui [...] n’existe pas mais que le désir en moi appelle : pour faire advenir, en somme, un possible, au risque de m’imposer une évidence que seule l’écriture enfante» (p. 88). Révéler ce qui n’est pas, imposer des possibles, ce serait donc, pour Drevet, le roman qui y répondrait le mieux, le roman comme lieu d’élection d’une écriture-description qui «arpente l’invisible, ce qui s’éprouve mais ne se voit pas» (p. 101). 
 
Ainsi qu’il l’expose dans «Le papillon et la fleur», l’écriture décrit ce que l’image cinématographique reproduit. Appartenant à l’abstraction, l’espace intérieur de l’écriture, opposé à l’espace infini de l’image cinématographique qui est de l’ordre de la projection, progresse silencieusement, à tâtons, avec des blancs dans les marges, alors que l’image procède par mouvements de caméra, dans le bruit et parmi la foule. L’écrivain-styliste choisit de travailler la langue plutôt que l’image parce que l’écriture, «foncièrement défectueuse, incomplète, parcellaire, fragmentaire, [...] ne tend pas à reproduire [mais] plutôt à désigner, à évoquer, à suggérer, c’est-à-dire à montrer ce qu’elle ne contient pas» (p. 96). 
 
À la fin du recueil, Drevet nous invite à réfléchir à la solitude en tant que lieu où l’écrivain et le lecteur peuvent se rencontrer à travers les mouvements de l’écriture et la lecture, profondément liés à l’intériorité de l’être. Ainsi, dans ce lieu que la solitude offre au désir de dire, malgré les blancs, malgré le silence, se révèle l’espoir ultime «de faire la nique à la mort, d’aller au-delà de la mort» (p. 150). L’écriture relève ici du vœu, de l’exigence intérieure et c’est dans ce désert qui n’est jamais assez vide que l’écrivain appelle l’indicible, se voue à l’écriture.
 

Source : Interligne - UQÀM (http://www.interligne.uqam.ca/pages/liste_biblio.asp)