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Active context: recherche-creation

Cette section présente un ensemble de définitions ou de citations qui balisent le champ de la recherche-création.

À l’égal, peut-être, de la photographie, qui donne de l’être au passé, confrontant le temps fragile à l’éternité qui le ruine, le lyrisme, même le plus moderne, est l’ultime refuge de l’aura. Puisqu’il n’a d’autre fonction que de la capturer, en fixant avec des mots ses instantanés, ici et maintenant, les moments épiphaniques, même sans resacraliser. Ce qui est absolument, tragiquement moderne, c’est que l’aura ne brille jamais mieux que sur le fond de son déclin, et que l’illumination qui nous reste, déchirante et brève, est profane. En dépit des atrocités du monde moderne, le lyrisme illumine nos dernières raisons de vivre – comme l’amour.

— Martine Broda, 1997

Il se peut qu'écrire soit dans un rapport essentiel avec les lignes de fuite. Écrire, c'est tracer des lignes de fuite, qui ne sont pas imaginaires, et qu'on est bien forcé de suivre, parce que l'écriture nous y engage, nous y embarque en réalité. Écrire c'est devenir, mais ce n'est pas du tout devenir écrivain. C'est devenir autre chose.

— Gilles Deleuze, — Claire Parnet, 1977

Le mot écrit est faible. Beaucoup de gens lui préfèrent la vie. La vie fait courir le sang dans les veines et elle sent bon. L’écriture n’est que l’écriture, la littérature n’est que... Elle séduit seulement les sens les plus subtils — la vision de l’imagination, l’ouïe de l’imagination — ainsi que le sens moral et l’intellect. Cette écriture que tu crées, qui t’excite tellement, qui te berce et te transporte tant, comme si tu dansais près de l’orchestre, est à peine audible pour autrui. L’oreille du lecteur doit se déshabituer de la vie tonitruante pour saisir les sons subtils et imaginaires du mot écrit. Un lecteur ordinaire prenant un livre n’entend encore rien; il mettra une demi-heure à discerner les modulations de l’écriture, ses aigus et ses graves, ses forte et ses piano.

— Annie Dillard, 1997

Se trouver dans un trou, au fond d’un trou, dans une solitude quasi totale et découvrir que seule l’écriture vous sauvera. Être sans sujet aucun de livre, sans aucune idée de livre c’est se trouver, se retrouver, devant un livre. Une immensité vide. Un livre éventuel. Devant rien. Devant comme une écriture vivante et nue, comme terrible, terrible à surmonter. Je crois que la personne qui écrit est sans idée de livre, qu’elle a les mains vides, la tête vide, et qu’elle ne connaît de cette aventure du livre que l’écriture sèche et nue, sans avenir, sans écho, lointaine, avec ses règles d’or, élémentaires : l’orthographe, le sens.

— Marguerite Duras, 1993