Définitions

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Active context: recherche-creation

Cette section présente un ensemble de définitions ou de citations qui balisent le champ de la recherche-création.

Le conflit entre l’art et la vie, la création et la procréation, l’esprit et le corps, débordait largement les anecdotes biographiques de tel ou tel ménage littéraire. Il me concernait, moi, comme il concerne aussi quiconque, homme ou femme, souhaite faire de l’art de nos jours sans faire trop de mal — ni aux autres ni à soi. Il concerne en fait toute la question du lien entre l’éthique et l’esthétique.

— Nancy Huston, 2001

La diversité des fictions nous apprend que tout peut être comme c’est, que tout peut ne pas être comme c’est, et que vivre, c’est précisément redécider son récit jour après jour en y intégrant aussi bien ses expériences récentes que différents modes de les percevoir. Actualiser le monde, le rendre lisible, c’est-à-dire habitable, c’est aussi ménager ces espaces de naissance où ceux qui naissent pourront apporter leur texte. C’est ce que l’art aménage en donnant à lire par les œuvres qu’être est une activité de fiction.

— Suzanne Jacob, 1997

Imaginer, dit Kant, est une faculté de l'entendement, c'est la faculté de rendre présent ce qui est absent. De se mettre à la place du tout autre. L'imagination ainsi comprise est une faculté politique, une faculté morale. Il ne s'agit pas tellement de penser ce que pense l'autre, de partager l'immédiateté de l'autre, de jouer au grand jeu faux de la fusion, et toute personne qui a un jour composé un « personnage » romanesque sait bien que le premier devoir du romancier est de respecter le secret de ses personnages, de ne pas en violer l'intimité. Il s'agit donc de faire l'effort d'imaginer ce que serait notre pensée si elle était ailleurs.

— Monique LaRue, 1996

La parole est un fil ténu qui vibre sur l'immensité du silence. Les mots s'enracinent à ce fond, ils sont le rhizome nourri à cet humus, ils soustraient à la profusion du sens par un choix de langage qui aurait pu être autre. Et parfois une parole émise hors de propos, inutile, se dissout d'elle-même dans son insignifiance, elle résonne alors comme un gauchissement du silence, une contrariété à son exigence qui donne justement son prix au langage. Le silence interroge les limites de toute parole, il rappelle que le sens est contenu au sein de bornes étroites face à un monde inépuisable qui est toujours en retard sur la complexité des choses.

— David Le Breton, 1997