Définitions

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Active context: recherche-creation

Cette section présente un ensemble de définitions ou de citations qui balisent le champ de la recherche-création.

Écrire en toute clarté, cela existe si peu qu'on oublie de s'en étonner. L'écrivain du je s'expose à la facile satisfaction de s'exprimer honnêtement. S'il insiste et force le trait, selon la pente de ses humeurs ce sera pour s'accabler ou se disculper. Il finit presque toujours par s'empêtrer dans son effort de pénétration et par baragouiner des joliesses ou des grossièretés, deux manières de n'être qu'approximatif.

— Jacques Brault, 1996

À l’égal, peut-être, de la photographie, qui donne de l’être au passé, confrontant le temps fragile à l’éternité qui le ruine, le lyrisme, même le plus moderne, est l’ultime refuge de l’aura. Puisqu’il n’a d’autre fonction que de la capturer, en fixant avec des mots ses instantanés, ici et maintenant, les moments épiphaniques, même sans resacraliser. Ce qui est absolument, tragiquement moderne, c’est que l’aura ne brille jamais mieux que sur le fond de son déclin, et que l’illumination qui nous reste, déchirante et brève, est profane. En dépit des atrocités du monde moderne, le lyrisme illumine nos dernières raisons de vivre – comme l’amour.

— Martine Broda, 1997

Il se peut qu'écrire soit dans un rapport essentiel avec les lignes de fuite. Écrire, c'est tracer des lignes de fuite, qui ne sont pas imaginaires, et qu'on est bien forcé de suivre, parce que l'écriture nous y engage, nous y embarque en réalité. Écrire c'est devenir, mais ce n'est pas du tout devenir écrivain. C'est devenir autre chose.

— Gilles Deleuze, — Claire Parnet, 1977

Le mot écrit est faible. Beaucoup de gens lui préfèrent la vie. La vie fait courir le sang dans les veines et elle sent bon. L’écriture n’est que l’écriture, la littérature n’est que... Elle séduit seulement les sens les plus subtils — la vision de l’imagination, l’ouïe de l’imagination — ainsi que le sens moral et l’intellect. Cette écriture que tu crées, qui t’excite tellement, qui te berce et te transporte tant, comme si tu dansais près de l’orchestre, est à peine audible pour autrui. L’oreille du lecteur doit se déshabituer de la vie tonitruante pour saisir les sons subtils et imaginaires du mot écrit. Un lecteur ordinaire prenant un livre n’entend encore rien; il mettra une demi-heure à discerner les modulations de l’écriture, ses aigus et ses graves, ses forte et ses piano.

— Annie Dillard, 1997